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Portrait de février 2021 : Anne-Laure Bartenay et Benjamin Carrichon, de Siem Reap à Phnom Penh.



Ces deux trentenaires très actifs ont la même passion pour le Cambodge et des convictions semblables concernant leurs envies de partager leurs connaissances et expériences avec la population cambodgienne. C’est ce qui les a motivés à s’engager pour la communauté française en devenant bénévoles pour l’organisation des deux éditions de la « Semaine Française à Siem Reap» en 2018 et 2019.


En 2020, ils ont dû prendre la décision de déménager de Siem Reap à Phnom Penh. Ils nous ont confié la raison de ce choix.

(Photo fournie par Anne-Laure Bartenay)


Anne-Laure Bartenay, a quitté la région parisienne en 2015. Elle s’envole pour le Cambodge avec dans ses bagages, une maîtrise en langues étrangères (anglais/espagnol) et un Master en management en apprentissage (Skema Business School). Elle est engagée pour une mission au sein de l’école hôtelière Sala Baï puis ensuite à Soieries du Mékong, dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité Internationale (VSI).


Ce dispositif a pour objet «l'accomplissement d'une mission d'intérêt général à l'étranger dans les domaines de la coopération au développement et de l'action humanitaire ». Anne-Laure, séduite par l’aspect humanitaire de ces postes, s’implique activement en étroite collaboration avec les équipes franco-khmères. Elle a beaucoup œuvré à la notoriété de ces deux entreprises sociales ainsi qu’à leur développement. Fin 2018, elle a été recrutée par la société Artisans d’Angkor, au sein de laquelle elle a acquis une riche expérience professionnelle jusqu’à son départ en 2020, en raison de la pandémie de Covid-19. L’activité économique de Siem Reap est en effet fortement touchée par l’absence des touristes étrangers.


Très déterminée à avancer dans sa carrière, Anne-Laure, ne s’est pas apitoyée sur son sort. Elle a cofondé avec son collègue Pierre-André Romano, le cabinet de conseil en marketing BRB, spécialisé dans le ”retail” qui a pour vocation de faire la promotion des produits cambodgiens au Cambodge et à l'étranger. En janvier 2021, ils ont organisé avec succès le premier salon «Made in Siem Reap » au cœur de Phnom Penh, un événement soutenu par la Chambre de Commerce et d’Industrie France Cambodge.


L’objectif était de mettre en lumière les talents des entrepreneurs, créateurs et artisans de Siem Reap auprès du public cambodgien et international de la capitale. De nombreuses personnalités ministérielles et diplomatiques se sont déplacées lors de l’inauguration. D’autres événements sont à l’étude. Elle ne ménage pas son énergie pour proposer les services de son cabinet aux entreprises ambitieuses.


Les opportunités dans le domaine du marketing se concentrent principalement à Phnom Penh, indique Anne-Laure qui a déménagé de Siem Reap en Novembre 2020.


« Dans le contexte actuel, j’envisage sereinement mon avenir au Cambodge, reconnaît Anne-Laure qui ajoute, avec une certaine malice, que la France est la destination idéale de ses vacances ».


Focus sur les différentes formes de volontariat possible.


(Portrait fourni par Benjamin Carrichon)


Benjamin Carrichon, lui, est originaire du Pays de Gex (Ain). Après deux masters en Droit International et Droit des Affaires, il a intégré le service juridique de l’Organisation Mondiale des Employeurs à Genève (Suisse).


Le jeune cadre dynamique a ressenti le besoin d’ajouter de l’aventure à son cursus. Il a postulé pour une mission d’un an avec l’ONG Apopo-déminage à Siem Reap. Finalement elle durera 3 ans. Avec beaucoup d’inventivité et de détermination pour défendre la cause, «Benji » a largement valorisé l’image de cette association en développant un centre d’information qui accueillait environ 1000 visiteurs par mois en 2019.


Il a ensuite collaboré pour un groupe hôtelier cambodgien avec lequel il a pu démontrer sa maîtrise dans le domaine des relations publiques. « Travailler avec une équipe de direction cambodgienne m’a permis d’acquérir une expérience professionnelle très enrichissante, confesse-t-il, car les codes sont différents du système managérial occidental ».


D’un commun accord le contrat a été interrompu en raison des conséquences de la crise du Covid-19. « Au dernier trimestre 2020, j’ai migré à Phnom Penh où je passais déjà beaucoup de temps. Il m’a semblé que c'était l'occasion de découvrir d'autres horizons professionnels entre autres. Je ne regrette pas, même si je suis toujours attaché à Siem Reap qui a été un coup de foudre dès mon arrivée au Cambodge ».


Actuellement, j’ai une mission professionnelle temporaire à Phnom Penh pour accompagner une start-up dans le secteur du loisir urbain, studio de danse… Cela me permet de prendre mes marques dans la capitale et d’étoffer mon réseau relationnel. Après ces dernières années d’activités intenses, j’apprécie beaucoup de pouvoir me consacrer à mes passions : la danse et du yoga. La période est aussi propice à découvrir notre pays d’accueil. Je multiplie les escapades en solitaire et avec des amis. Je suis également des formations en ligne. Tout cela est une bonne façon de rester positif et de vivre paisiblement cette parenthèse.


Dans le contexte économique actuel, Anne-Laure et Benjamin confirment l’attractivité de Phnom Penh. La capitale continue de se développer pour devenir une grande métropole d’Asie. La scène culturelle y est aussi très dynamique. Indéniablement, c’est le lieu pour poursuivre sa carrière au Cambodge en attendant des jours meilleurs et la reprise de l’activité touristique à Siem Reap. Pour conclure cet entretien, tous les deux évoquent le mot HEUREUX. Ils le sont et nous souhaitons tout le bonheur à nos lecteurs en cette nouvelle année du Bœuf de métal. Elle sera célébrée par les cambodgiens en avril prochain.

Propos recueillis par Françoise Gouézou

16/02/2021


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