Portrait du mois - Claudie Montaufray Ung, une priorité - l’Humain avec un grand H.



Lorsque nous demandons à Claudie d’en savoir un peu plus sur son parcours personnel, elle commence notre entretien (mené à distance et par mail pour cause de COVID-19) par cette phrase : “Je suis la fille d’une réfugiée espagnole qui a fui la dictature de Franco et dont le père est mort en camp de concentration. Ma mère n’est jamais rentrée dans son pays d’origine.”


Cette phrase résume probablement le parcours de Claudie Montaufray Ung, diplômée en ergothérapie, arrivée en Asie du sud-est en 1988, après 2 années au service d’une léproserie en Afrique. Au-delà de la pudeur de ses mots, on sent la détermination d’un parcours forgé dans le drame d’un pays en conflit : “Il est probable que ces récits et ce parcours familial m’ont préparée à m’intégrer sans difficulté ensuite dans la vie des camps de réfugiés cambodgiens. J’y ai rencontré mon mari Moni. Il travaillait pour les Nations Unies, et moi pour Handicap International.”


En 1993, Claudie s’est installée à Phnom Penh avec son mari. Ils ont vécu ensemble ce “retour au pays” : “ Avec peu d’électricité, peu d’eau, ni téléphone, l’aventure de l’UNTAC et des premières élections.”

Pendant plusieurs années elle a accompagné des adultes victimes de mines et des enfants en situation de handicap et s’est forgée une expertise indéniable dans le domaine de l’ergothérapie dans un pays en reconstruction. En 2007, elle quitte Vétérans International Cambodia avec le sentiment du travail accompli. Elle passe alors le relai à ses collègues cambodgiens. Ils ont acquis des compétences au niveau national et international.


Entre 2008 et 2013, Claudie travaillera auprès de Docteur Madame Ing Kantha Phavi, Ministre du Gouvernement Royal du Cambodge, chargée de la condition féminine.


Plusieurs vies professionnelles mais un seul objectif : l’humain d’abord. C’est encore par ses mots directs qu’elle nous le rappelle: “Que cela soit autour d’un enfant dans un village, dans une réunion interministérielle ou maintenant autour d’un travail sur l’hypnose et le reiki, j’apprends toujours ce que l'être humain est capable de percevoir de cette vie du Cambodge.”


Alors que l’on demande à Claudie comment elle perçoit l’impact social de cette crise du COVID-19 pour le Cambodge, elle répond : Je réagis plutôt en observatrice, car à travers mon séjour dans les camps de personnes déplacées en Thaïlande depuis 1988 et au Cambodge depuis 1993, je n'en suis pas à ma première crise sanitaire et de pandémie subie par la population cambodgienne : le SIDA, la tuberculose, la malaria, la polio., le choléra, la typhoïde, les méningites et d’autres pandémies touchant les enfants. Nous étions exposés en tant que rééducateur à être attentifs et à suivre les consignes données par le milieu médical hospitalier et de santé publique pour nous protéger et protéger nos patients et leur famille. J’ai toujours vu mes collègues cambodgiens réagir avec un réalisme terre-à-terre au vu de la situation sanitaire du pays et des utilisations rapides des réseaux professionnels, étatiques et familiaux.


Concernant sa profession d’ergothérapeute, Claudie nous rappelle qu’en 2020, les besoins pour les personnes en situation de handicap sont toujours immenses. Malgré le fait qu’il y ait toujours très peu de professionnels de rééducation au Cambodge, ceux-ci travaillent autant dans le secteur public que dans le privé. Il est cependant très clair que pour l’ergothérapie, les médecins cambodgiens ou étrangers ainsi que les populations cambodgienne ou étrangère ne savent pas comment un ergothérapeute peut les aider.

Six ergothérapeutes diplômés exercent aujourd’hui au Cambodge; ils sont tous expatriés et 90% sont des femmes.

Depuis 2 ans, Claudie s’est “re-spécialisée” dans le milieu de la rééducation. Elle utilise plusieurs techniques, en plus de ses compétences d’ergothérapeute, comme l’hypnose, la bioénergie ou le reiki. Son intérêt porte sur le coaching en rééducation physique et mentale en cabinet ou à domicile.


Parce que l’ergothérapie est une discipline souvent méconnue, nous avons demandé à Claudie de nous expliquer en quoi consiste son métier :


L'ergothérapie est une profession de soins de santé fondée sur la science qui s'intéresse aux capacités physiques, psychologiques et cognitives des patients en prise avec une maladie, un trouble ou une limitation qui rendent difficile la pratique des activités quotidiennes.

Un ergothérapeute accompagnera le patient et sa famille dans le processus de récupération en fournissant :


• une évaluation individualisée, au cours de laquelle le patient, la famille et l'ergothérapeute déterminent les objectifs de la personne;


• un plan de suivi en lien avec le professionnel médical et paramédical pour coordonner et compléter un plan d'intervention incluant les techniques physiques, psychologiques et professionnelles;


• une intervention personnalisée pour améliorer la capacité de la personne à effectuer ses activités de la vie quotidienne, à la maison ou à l'école ou au travail, et à atteindre ses objectifs;


• une évaluation des résultats pour s’assurer que les objectifs sont atteints et / ou pour modifier le plan d’intervention en fonction des besoins et des compétences du patient.

Propos recueillis par Christine Gauthier et Florian Bohême.


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