Rencontre avec Josette Vanneur – fondatrice de la Siem Reap Pagoda Cats.

Mis à jour : févr. 12

En octobre 1988, au moment de faire sa valise pour le Japon, Josette ne se doutait probablement pas qu'elle ne remettrait jamais les pieds en France pour y revivre.

Trente deux ans plus tard, nous la retrouvons ce lundi matin à bord de son éternel vélo couleur léopard alors qu'elle se rend, comme chaque jour, à la Siem Reap Pagoda Cats pour prendre soin de ses protégés à quatre pattes.


Lorsqu’on lui demande de raconter sa vie, immédiatement les images défilent , entre le glamour d’Hollywood, elle a traduit des films américains en français, et l'atmosphère sereine du Mont Fuji.


Ce parcours de vie commence au Japon, la veille du bicentenaire de la révolution française, où une agence de voyages japonaise lui demande d'organiser des séjours pour des clients en France et pour des Français au Japon. Ni une ni deux, Josette apprend à parler japonais dans des cours du soir, prend son sac et son chat, et arrive au pays du soleil levant. Elle devait y rester le temps d'une période d'essai, elle y vivra 21 ans.


Celle qui se définit avec un passeport français (elle est née belge) et une mentalité japonaise s'expatria dans tous les sens du terme : « J'ai vécu à Tokyo en autarcie complète pendant 21 ans, j'ai appris la calligraphie, la danse des geishas ou encore la peinture sur laque ».


Comme beaucoup d'entre nous, c'est le hasard qui la conduira à fouler la terre rouge du Cambodge. En 2012, alors qu'elle profite d'une semaine de congés, elle s'envole pour Phuket et décide de faire un stop pour voir les merveilles d'Angkor. Kimly, guide qui l'accueille à l'aéroport deviendra son fils adoptif.


A son retour à Tokyo, elle n'a qu'une idée en tête, revenir à Siem Reap pour « enfin vivre dans un pays sans hiver ». Comme 24 ans plus tôt, elle reproduit le même schéma, celui de l’apprentissage d'une langue : le khmer. A Tokyo, elle se lie d'amitié avec des étudiants cambodgiens qui lui apprennent la langue et, au hasard des rencontres, elle accepte de partir quelques mois à Phnom Penh comme volontaire pour aider une ONG japonaise qui agit dans le domaine de la santé.


Après ce séjour Phnom Penhois, elle décide de rester au Cambodge et de vivre à Siem Reap. Elle fait construire sa maison mais il lui manque quelque chose pour passer cette retraite tant méritée. Celle qui aime plus que tout la compagnie des animaux se souvient alors que les moines bouddhistes ont la tradition d'héberger des animaux au sein de leurs pagodes. Après une première expérience où des elle prodigue des soins aux chats de la pagode Wat Athvear, Josette s’aperçoit (nous sommes alors en 2012) que le seul vétérinaire de la ville n'a pas le matériel nécessaire pour soigner les animaux. « Je n'oublierai jamais d’avoir vu ces animaux dans un état si pitoyable », nous dit-elle.


Celle qui ne se décourage pas fait alors appel à son réseau. Tout est à construire, il faut former le vétérinaire local grâce à des missions bénévoles menées par des docteurs australiens. Il faut également trouver les instruments pour mener des opérations de stérilisation ou de castration afin de prendre soin de ces chats des rues, ceux que nous connaissons tous et que nous affectionnons.


Siem Reap Pagoda Cats est née dans une nouvelle pagode où un moine que l'on appellera Saint Antoine le Grand (patron des animaux) décide de prendre sous sa protection les chats et chiens et d'en faire son sacerdoce. Les bouddhistes considérant qu'enlever une partie du corps d'un animal ou d'un humain pourrait compromettre la réincarnation, Josette sait que le combat est gagné lorsque ce moine lui demande de stériliser sa chienne. Elle peut alors sensibiliser réellement au bien-être animal et à la nécessité de les protéger en leur prodiguant des soins.


Siem Reap Pagoda Cats, c'est une activité bénévole à plein temps pour nourrir les 30 chats et 15 chiens, les soigner, trouver les fonds nécessaires mais aussi accueillir de nouveaux pensionnaires en détresse. Josette peut compter sur le soutien de la communauté locale qui répond présente à sa soirée annuelle de charité.


Vous vivez à Siem Reap ou vous venez de temps en temps en week-end ? N'hésitez-pas à contacter Josette sur sa page facebook pour lui remettre un sac de croquettes ou quelques médicaments pour animaux.


En finissant notre entretien, Josette nous fait part de sa fierté de voir d'autres personnes s'occuper désormais des animaux dans plusieurs pagodes de la ville : « ici à Siem Reap, j'ai trouvé ma place, je ne suis pas seule, pas isolée. »

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