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Christophe Baillet - Camborea, le jardin des merveilles



Après avoir mis en lumière l’action de Josette Vanneur avec la Siem Reap Pagoda Cats, et la passion du vélo en bambou par Tony Morvant, Français au Cambodge est allé à la rencontre d’un autre français discret mais emblématique de la communauté : Christophe Baillet qui a développé le programme CAMBOREA aux portes des temples d’Angkor.

Au commencement il y a son installation au Cambodge en 2011, conduite par l’envie d’accompagner les communautés locales dans leur développement. Après diverses expériences dans le domaine caritatif, Christophe, qui a par ailleurs son agence de voyages, décide de créer son ONG locale en 2016, avec comme cheval de bataille principal l’accès à l’eau potable. En quelques mois, Christophe et son équipe, construiront 42 puits dans différents villages autour de Siem Reap.


Sina, son épouse, est originaire du village de Plung situé sur le site archéologique d’Angkor. Si ces initiatives solidaires sont utiles, Christophe souhaite aller plus loin et réfléchit à comment aider au mieux la communauté locale dont sa famille fait partie.


C’est dans ce cadre qu’ils se mettent à travailler autour de l’autonomie alimentaire et l’utilité de proposer des graines reproductibles, afin que les villageois puissent cultiver leurs propres légumes et manger mieux. En effet, une très grande partie des semences vendues aujourd’hui sont malheureusement hybrides, et donc stériles, obligeant à chaque fois à racheter des graines.


L’ambition du projet est énorme ! Elle se résume pourtant en une phrase que Christophe nous rappelle : “Faire pousser des légumes pour nourrir les gens c’est bien, mais faire pousser des légumes pour les aider à se nourrir eux-mêmes…”


En effet la province de Siem Reap qui vit du tourisme n’est pas auto-suffisante dans sa production agricole. De nombreux fruits et légumes sont importés du Vietnam, notamment pour fournir les établissements hôteliers, mais aussi les marchés ou les supermarchés. De plus, pour répondre à la demande croissante, ces légumes sont issus de l'agriculture intensive qui utilise toute sorte de produits phytosanitaires pour arriver à produire un maximum.


Le site du parc archéologique d’Angkor est un site touristique, mais c’est d’abord un site religieux et un lieu de vie pour plus de 100.000 personnes. Ces femmes, ces hommes vivent pour une grande part du tourisme (restaurants autour des temples, boutiques de souvenirs, emplois dans le secteur hôtelier, tuk-tuk etc…) Malheureusement, peu d’entres eux, car occupés par d’autres métiers, ont conservé cette logique de cultiver des fruits et légumes pour soi. C’est ce à quoi s’emploie Camborea sur un cycle long, celui de réintroduire progressivement une agriculture naturelle sur une base de permaculture, plus respectueuse de l’humain, de l’environnement et de la biodiversité, permettant à chacun de produire sa propre nourriture ou du moins une partie de celle-ci.


Chez eux, un cycle de production complet prend environ 2 ans. Il faut en effet faire pousser les premiers légumes avant de pouvoir récupérer les graines des plus beaux d’entre eux, qu’il faudra ensuite multiplier et pérenniser avant de pouvoir enfin les mettre à disposition des habitants. Ce cycle vertueux est en cours de développement dans ce jardin des merveilles ! Cet endroit luxuriant est avant tout une zone de production de semences, mais aussi un lieu de formation, de partage et de réflexion autour d’une agriculture nouvelle, qui proposera bientôt des visites pédagogiques pour tous.


(Des visites "grand public" du jardin seront envisagées prochainement)


A quelques encablures du temple de Preah Khan, vous pourrez ainsi trouver des aubergines, des gombos, toutes sortes de courges, du maïs, quelques tomates, multitude d’herbes aromatiques et médicinales, et bien d’autres choses encore car Christophe est constamment à la recherche de nouvelles semences locales pour faire pousser et préserver ce qui était oublié. Par ce projet, Camborea souhaite faciliter la création de jardins communautaires sur la zone d’Angkor, chez les gens, dans les écoles, et partout où il le pourra.


Mais ce projet d’une vie ne peut se résumer à cette pratique concrète de l’agroécologie. Après ce jardin qui est en cours de développement, Christophe et Sina s’aperçoivent que de nombreux enfants ne peuvent pas aller en toute sécurité à l’école, car ils doivent chaque jour traverser une route fortement fréquentée par les flux de touristes visitant les temples.


Ni une ni deux, Christophe fait preuve d’inventivité, mobilise son réseau et décide de faciliter le développement d’un projet éducatif. Après l’achat d’un terrain, à proximité immédiate du jardin de Camborea, son réseau d’amis se mobilise pour créer une école de deux classes qui permet d’accueillir chaque jour 40 enfants.



(L'école se compose d'un bâtiment principal avec deux salles de classe et d'un cour,

d'un bloc sanitaire à proximité immédiate du jardin.)


L’école, ouverte depuis quelques mois, est accessible aux enfants à mobilité réduite et a fait l’objet d’une concertation avec les autorités du village avec qui Camborea travaille étroitement. L’école est accessible gratuitement, quatre employés dont un payé par le village prennent soin des enfants.


Les prochains projets de Camborea, outre le développement des jardins chez les particuliers, sera de renforcer les initiatives d’alphabétisation en direction des mamans du village, de créer une bibliothèque pour les adolescents, et tout ce qui permettra de transformer cette nouvelle école en un lieu socio/culturel plein de vie.

Comme nous le rappelle Christophe, en citant l’exemple du projet Krousar Thmey, son ambition est d’abord d’accompagner, à son niveau, une communauté locale afin qu’elle soit dans les prochaines années pleinement indépendante.


Camborea, le jardin des merveilles, est parti d’un rêve, c’est aujourd’hui une réalité qui dépasse toutes les espérances. Nous vous invitons à suivre Camborea sur sa page facebook ou directement via sur son site internet.


Le budget annuel de fonctionnement est d’environ 25.000$. Vous aussi n’hésitez-pas à mobiliser votre entourage et à parler de Camborea !


Pour aller plus loin :

- La page facebook de Camborea

- Le site internet de Camborea


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